Ville de Montargis Association Chine Montargis 
  
Rechercher 
2014 30/12/2014
LA REPublique du centre LOIRET > GÂTINAIS > MONTARGIS 30/12/14 - 06H00
[Portrait] Peiwen Wang, une enfant de la Chine et du monde
Peiwen Wang est professeur de chinois, présidente de l’association Amitié Chine Montargis et donne des cours d’entretien de la santé qui utilisent des techniques de la médecine chinoise. Lorsque des délégations chinoises sont reçues dans la région, elle est aussi au premier plan. - Montargis AGENCE
Peiwen Wang est professeur de chinois, présidente de l’association Amitié Chine Montargis et donne des cours d’entretien de la santé qui utilisent des techniques de la médecine chinoise. Lorsque des délégations chinoises sont reçues dans la région, elle est aussi au premier plan. - Montargis AGENCE
Née dans une famille d’intellectuels chinois, Peiwen Wang a toujours eu l’esprit ouvert. Ce qui l’a amenée en Afrique, au Canada et en France.
Depuis 14 ans, Peiwen Wang s'emploie à créer des ponts entre la Chine et Montargis. C'est en grande partie grâce à elle que la ville a remis au jour son histoire avec les étudiants chinois arrivés ici dans les années 1920 et qui sont devenus pour certains des cadres du Parti communiste chinois
En 2001, elle crée l'association Amitié Chine Montargis. En 2003, elle lance des cours de chinois. La mise en place du circuit chinois dans la ville, les festivités autour du Nouvel an chinois, les ateliers autour des traditions chinoises depuis cette année, un musée à l'avenir… Autant d'initiatives qu'elle a impulsées. « Quand je suis arrivée à Montargis en 1993, je ne connaissais pas les liens entre la ville et la Chine. Je les ai découverts par hasard. C'est quand même une histoire unique qu'il fallait mettre en valeur », avance celle qui a vécu toute sa jeunesse en Asie.
Née à Shangaï en 1955, elle a grandi à Hangzhou, une ville de plus de 7 millions d'habitants au sud du pays. Sa mère était professeur de médecine, son père architecte. Dans cette famille d'intellectuels, avec son frère et sa s'ur, elle a eu l'esprit ouvert. Lorsque la Révolution culturelle voulue par Mao est lancée en 1966, elle a 11 ans. Elle va durer 10 ans, jusqu'à la mort de Mao et à la réhabilitation de Deng Xiaoping. Pendant cette période, les milieux intellectuels sont attaqués. « Ça a été un grand choc », reconnaît-elle.
Ouvrière avant de devenir médecin
Peiwen Wang, une fois ses études au lycée terminées, doit travailler comme ouvrière dans une usine. Pendant six ans, elle évolue dans la mécanique. « Je connais encore les machines : les tourneuses, les fraiseuses », sourit-elle.
La Révolution culturelle terminée, les universités sont rouvertes. En 1977, à l'âge de 22 ans, elle décide de passer le concours pour y entrer. « À la base, je voulais être ingénieur », raconte la Montargoise. « Mais j'ai perdu mon père à la fin de la Révolution. J'ai choisi la faculté de médecine pour rester près de ma mère. » Elle y étudie jusqu'en 1983. Puis prend la direction de Pékin où elle enseigne la médecine, tout en menant des recherches et en travaillant dans un hôpital.
Lorsque le gouvernement chinois lance un programme d'échanges internationaux, « dans le but que la Chine s'ouvre sur le monde », la jeune médecin, qui a déjà participé à des missions en Afrique (Gabon, Côte d'Ivoire) et est allée au Canada, décide d'en profiter. Elle débarque en 1986 en France avec pour objectif de « faire connaître la médecine chinoise aux occidentaux et connaître la culture occidentale. »
Elle manifeste à Tian'anmen
Première étape à Bordeaux où elle apprend le français. « Je n'ai jamais suivi de cours. J'apprenais par l'oral, en regardant le journal, en cherchant dans le dictionnaire », se souvient-elle. Elle prend la route pour Poitiers, puis Paris. Une fois arrivée à la capitale, elle effectue des consultations (acupuncture, phytothérapie…) à la Pitié-Salpetrière, travaille pour le ministère de la Santé et prépare un DESS en parallèle. Mais le docteur Wang n'oublie pas la Chine. En 1989, alors qu'elle fait partie d'une mission de Médecins sans frontières qui est là-bas pour apporter des médicaments, elle participe aux manifestations de la place Tian'anmen à Pékin.
Son arrivée à Montargis, elle la doit à Olivier Duhamel. C'est à l'occasion d'une conférence qu'elle a rencontré son compagnon actuel. « On a travaillé ensemble et puis on a fondé notre famille. On a eu deux enfants », souligne Peiwen Wang. Elle s'installe à Montargis en 1993, où son compagnon tient un cabinet. Elle continue pendant quelques années ses consultations à Paris. Avant de les stopper en 1998. Elle décide alors de mettre sur pied des cours d'entretien de la santé qui utilisent des techniques de la médecine chinoise et « j'en donne toujours ».
Entre cette activité, les cours de chinois qu'elle anime, notamment, au lycée en Forêt de Montargis et l'association avec laquelle elle organise des voyages en Chine chaque année, Peiwen Wang compte bien mieux faire connaître son pays, décrié sur certains points mais qui possède ses richesses.
Amitié Chine Montargis