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Pour nous aider à mieux comprendre la variété des paysages admirés lors de notre périple sur la Route de la Soie , voici quelques éléments de géographie de la Chine (très simplifiés et sans prétention !) 

                          Le relief de la Chine est d’une grande diversité, mais il est avant tout marqué par la montagne : 40% du territoire a une altitude supérieure à 2000m.
Le pays présente aussi un étagement des reliefs , l’altitude s’élevant , par gradins successifs , d’est en ouest . C’est en effet dans la partie occidentale (Tibet et Xinjiang) que se situent certaines des chaînes de montagnes les plus hautes du monde : les Tian Shan et l’Altai au nord-ouest, le Pamir et le Karakorum à l’extrême ouest , les monts Kunlun au centre , l’Himalaya au sud-ouest .
                          La formation des Tian Shan et des monts Kunlun a commencé à l’ère primaire il y a 250 à 300 millions d’années . L’Himalaya et le Karakorum sont plus récents et résultent de la rencontre de la plaque de l’Asie du nord et de la plaque indienne , il y a environ 50 millions d’années , à l’ère tertiaire . Leur édification s’est poursuivie au quaternaire , il y a à peu près 1 million d’années , l’activité tectonique se manifestant par de nombreux séismes . Tous les massifs montagneux anciens ont été repris dans le soulèvement himalayen qui a été très rapide (de 13 à 14 cm par an pendant les 10 000 ans de l’époque glaciaire il y a environ 70 000 ans) provoquant une érosion très brutale et d’énormes accumulations d’alluvions dans les dépressions au pied ou entre les montagnes (plusieurs milliers de mètres) , érosion accentuée par le climat aride : désagrégation mécanique des roches et forte action du vent .

                            Appartenant au PREMIER PALIER , celuide la CHINE ORIENTALE , dont l’altitude moyenne est inférieure à 1000 m , la région de Pékin correspond à la plaine de la Chine du nord-est

                          Xi’an se situe à peu près à la limite orientale du DEUXIEME PALIER , celui de la CHINE CENTRALE ET DU NORD-OUEST . L’altitude varie entre 1000 et 3000 m , avec des moyennes montagnes , des plateaux , des collines et des bassins .

                         Les environs de Xi’an (province du Shaanxi) et de Lanzhou (Gansu) appartiennent aux hauts plateaux de la Chine centrale . En effet , nous avons traversé une partie du plus grand plateau de loess du monde (600 000 km2 ). Ce fin limon , apporté par les vents , masque les reliefs originels puisqu’il peut atteindre 200 m d’épaisseur . Peu compact , le loess est très sensible à l’érosion par ravinement : de profonds ravins et des falaises presque verticales sculptent le paysage de ces régions fertiles , propices au développement d’une société agricole sédentaire depuis plus de 7000 ans . Ainsi les vallées de la rivière Wei (arrosant Xi’an ) et du fleuve Jaune (arrosant Lanzhou) ont été le berceau de la civilisation chinoise et le Shaanxi , le cœur politique de la Chine jusqu’au IXème siècle .

                         Par contre, le reste du Gansu est pauvre , aride et accidenté , constitué de montagnes et de déserts Seules les oasis parsemant les principales voies caravanières sont favorables à la culture des terres . Mais uniquement les insomniaques auraient pu entrevoir ces paysages du train de nuit Lanzhou-Jiayuguan !! Au nord-ouest , le désert de Gobi est enserré entre le plateau de Mongolie au nord et les monts Qilian au sud .
                         On a découvert les monts Qilian au départ de la gare de Jiayuguan : on les devinait à l’horizon, enneigés , culminant à plus de 5000 m , avec une altitude moyenne de 3500 m . On a pu mieux les admirer de la forteresse Ming , construite en 1372 , à l’endroit le plus étroit (15 km ) du passage du Hexi , coincé entre les monts Qilian au sud et la Montagne Noire du massif du Mazong au nord ( 2500 m d’altitude moyenne ) .

                          De la Muraille Suspendue , le regard embrasse les sommets enneigés , l’oasis de Jiayuguan ,et le désert de Gobi que l’on traversera sur 20 km à l’est pour aller visiter le tombeau de Wei Jin , et pendant 5 h 30 sur l’autoroute, le lendemain , pour atteindre Dunhuang . C’est un immense désert de sable et de pierres qui s’étend sur environ 1500 km d’est en ouest (des monts Khingan aux Tian shan orientaux ) et 500 à 900 km du nord au sud ( de l’Altai aux Nan shan). Il compte 1 300 000 km2 de superficie totale mais seulement 800 000 km2 en Chine et le reste en Mongolie. Il est de type continental , avec moins de 200 mm de précipitations annuelles , des hivers très rudes (3 à 4 mois inférieurs à 0° ) , une forte amplitude thermique quotidienne et annuelle , et des tempêtes de sable . Son aspect change constamment : parfois c’est une immensité de plaines rocailleuses , interrompues par endroits de massifs montagneux peu élevés , aux sommet plats , et de quelques collines isolées , résultat de failles d’effondrement . Les trois quarts sont recouverts d’un mince tapis d’herbe (surtout après la pluie des jours précédents !) , de broussailles et de buissons épineux qui suffisent à nourrir les troupeaux des bergers nomades qui y vivent grâce à quelques puits ou d’éventuels petits lacs . Parfois , des terres fertiles bordées d’arbres le colorent vivement . Mais ces cultures possibles grâce à l’irrigation ont fait baisser de 300 m en 10 ans le niveau de la nappe phréatique .

                       A Dunhuang , les dunes de sable jaune de Mingsha , qui culminent à 1750m et s’étirent sur 40 km de long et 20 de large , à la lisière de l’oasis et du désert , dominent le Lac du Croissant de Lune formé par les sources nées dans cette dépression .
Les grottes de Mogao , elles , s’accrochent sur une falaise des collines de Mingsha dans une minuscule oasis blottie contre le versant ouest d’une vallée escarpée , créant un contraste saisissant avec le désert . Mais cette position géographique a contribué à la dégradation des grottes car les vents et les sables du sud-ouest soufflent droit sur elles , érodant les murs et les peintures .

                       Le train de nuit de Dunhuang à Turfan nous conduit dans LA CHINE DU NORD-OUEST qui appartient toujours au DEUXIEME PALIER dans l’étagement des reliefs . C’est une région aride aux paysages souvent désertiques et à la topographie très compartimentée .Elle correspond aux provinces du Xinjiang et du Qinghai . Elle comprend une suite de dépressions presque entièrement fermées (souvent creusées par le vent), enserrées entre de hautes montagnes : au sud- est de Urumqi , la dépression de Turfan s’étend entre les 2 chaînes des Tian shan (Monts Célestes) à 80 m en dessous du niveau de la mer (et même –154m au lac de la Lune) ce qui explique ses faibles précipitations (13 mm ) et ses étés caniculaires ( 70 jours avec plus de 40° et une terre à 80° ) . Elle connaît aussi des vents de sable tellement violents (en moyenne 1 jour sur 3 ) qu’ils auraient pu renverser un train , et donc la voie ferrée a été construite à l’abri le long de la chaîne des Tian shan .C’est une oasis agricole réputée pour ses raisins mais qui cultive aussi des céréales , du coton et des légumes grâce à l’irrigation des karez, vieux de plus de 2000ans : ces canalisations souterraines, en pente douce, collectent l’eau de la fonte des neiges des Tian shan pour la distribuer ensuite dans chaque ferme du village . Des puits , repérables par des monticules de terre à leur ouverture , ont été creusés tous les 20 m le long du canal , pour en faciliter la construction et l’entretien .

                     A l’est de la ville, les Monts Flamboyants semblent s’embraser au soleil. Ces collines de calcaire rouge s’étendent sur 100km de long et 10 de large le long de la dépression de Turfan .Ils surplombent le défilé de la rivière Murtuk dont le vert vif contraste avec la couleur ocre pourpre des falaises où se cachent la soixantaine de grottes des mille Bouddhas de Bezeklik .La visite aux tombes d’Astana et aux ruines de la cité de Gaochang , pourtant en fin de journée , a pu nous donner un aperçu du climat étouffant de la région !
Les 3 heures d’autoroute pour atteindre Urumqi ,située à 900m d’altitude au pied des contreforts nord de la chaîne ouest des Tian shan, nous ont permis de traverser la chaîne est de ces mêmes monts, puis des pâturages , un lac d’eau salée puis un d’eau douce, alors que 5 km seulement les séparent . Ils sont tous les deux alimentés par la fonte des neiges des Tian shan mais le sel souterrain qui se dissout dans cette eau est entraîné en profondeur et se retrouve donc dans le lac le plus bas . Ensuite 600 éoliennes encadrent les deux côtés de la route et témoignent de l’importance du vent dans cette région. Un espace « safari » nous permet d’apercevoir des chameaux broutant dans un paysage de buissons et de galets , alors qu’au loin se détachent , sur la droite , les pics enneigés des Tian shan qui culminent à près de 5500m .

                    La dépression du Tarim , à l’est de Kashgar , est entourée par les Tian shan au nord , le Pamir à l’ouest et les monts Kunlun au sud . Elle est en grande partie occupée par le désert duTaklamakan . Il s’agit d’un désert mouvant ( de 360 000 km2 , avec environ 1000 km d’ouest en est et 500 km du nord au sud ) , de type continental avec des températures variant de - 40° à +50° et le plus sec de toute l’Asie , ce qui le prive de toute vie et le rendait si redoutable aux caravaniers . Son nom en ouighour ne signifie-t-il pas « entre et ne reviens jamais » ?
                   La Kashgarie , nom historique du bassin occidental du Tarim , est une succession d’oasis bordées de peupliers et centrées sur leurs marchés , témoignages de leur passé commerçant . On en a eu un aperçu lorsque nous sortions de Kashgar .

                  Enfin , le TROISIEME PALIER , le plus élevé , correspond au PLATEAU TIBETAIN . Nous avons d’abord longé sa bordure orientale au début de notre voyage dans la région de Xining , tandis que l’excursion au lac Karakul nous a fait découvrir sa partie nord-ouest . Ce haut plateau du Tibet, d’une altitude moyenne de 4500 m , englobe tout le sud-ouest de la Chine et s’étend sur la province autonome du Tibet , une partie du Qinghai , du Gansu et du Sichuan . Il est dominé par l’Himalaya au sud , le Pamir et le Karakorum à l’ouest , les monts Kunlun , Altun et Qilian au nord . Les principaux fleuves d’Asie orientale et méridionale y prennent leur source.

                   Xining , capitale du Qinghai , se situe à l’est de la province , au fond d’une cuvette érodée entourée par un haut plateau , d’altitude moyenne variant de 2500 à 3000 m . Les terres agricoles alentour concentrent une intense activité rurale comme on a pu le constater le long de la route conduisant au monastère Ta’er Si puis vers le col à 3017 m en direction de Tongren . Dans la descente , après l’arrêt obligé pour refroidir les freins , on retrouve le paysage de collines ravinées de l’ouest du plateau de loess dans la boucle du Fleuve Jaune , puis on suit les gorges profondes d’un de ses affluents .
De Tongren à Xiahe , 4 heures de route et de piste nous permettent d’admirer d’abord des petits champs , où les paysannes s’activent à la moisson , ensuite , plus en altitude , des cultures en terrasses , véritable mosaïque de champs minuscules et colorés , des ânes transportant du foin ou de l’orge , mis à sécher sur de hauts supports en bambou entourant les maisons de pisé . Enfin , la steppe , pâturage pour les chevaux , et une petite forêt nous amènent au col de Guashize à 3600 m où les yourtes des semi-nomades parsèment les vastes étendues constellées d’edelweiss et entourées de hautes montagnes se devinant dans un brouillard diffus . En redescendant , sous le soleil , les prairies sont tapissées de fleurs sauvages, semblables à la flore alpine , et des bergères gardent leurs troupeaux de yacks , de chèvres ou de moutons à longues cornes recourbées . A 2920 m d’altitude , Xiahe se situe dans la superbe vallée de la Daxia entourée de collines semi verdoyantes .
                 A l’ouest de Kashgar , l’excursion au lac Karakul nous a fait découvrir les sommets les plus élevés du rebord nord occidental du plateau tibétain . Au départ de la ville , à 1300 m d’altitude, l’autoroute est bordée de champs cultivés et de rizières possibles grâce à l’irrigation par l’eau provenant des montagnes à 80 km . Au dessus de la plaine surgissent les magnifiques remparts du Pamir , chaînes de montagnes parallèles formées par la jonction des Tian shan , Karakorum , Kunlun et Hindu kush érigées lors du soulèvement himalayen et encadrant des hauts plateaux , vestiges des massifs primaires érodés . Il culmine en Chine à 7719 m , au sommet du Kongur .
Plus loin la route longe une étendue pierreuse bientôt remplacée par des collines , puis pénètre dans les gorges de la rivière Ghez née au pied du Karakorum , bordées de falaises de grès rouge ou verdâtre teintées par de l’oxyde de fer et du cuivre. En amont , elle est découpée dans des parois abruptes ou serpente au milieu d’immenses étendues de blocs de granite arrachés aux montagnes environnantes et venus s’échouer au fond de la large vallée , véritable chaos minéral et lunaire. Au sommet des gorges s’étend un vaste plateau humide encerclé de dunes de sable (dues en fait à l’accumulation au pied des montagnes de sable apportés par le vent ) qui se reflètent dans l’eau malgré la brume . Puis la vallée s’élargit et les gros rochers sont remplacés par un fond très plat et très vert où paissent des yaks et quelques chameaux au milieu des bras de la rivière . Au delà on aperçoit le sommet légèrement arrondi du Kongur et ses 13 glaciers , ainsi que d’autres pics enneigés , tandis que la route suit un large lit pierreux et des falaises très érodées au sommet assez plat , et monte à une altitude de 3600 m jusqu’aux rives du Lac Karakul . Des chevaux , des yaks et des chameaux profitent du riche pâturage dominé par l’imposante silhouette du Muztagada qui reflète ses 7546 m de glaciers et champs de neige dans les eaux turquoises du lac .

Amitié Chine Montargis