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Week-end "Chinois" à Montargis . Le Monde 2005
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Montargis berceau de
la Chine
nouvelle. Le Monde 2006
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Montargis et les touristes chinois . AFP 2006
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Montargis, l'un des berceaux de la "chine
nouvelle"
. La Croix 2008
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Nouvel an chinois 2009 . L'éclaireur du gatinais et du centre 2009
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Montargis à la pointe des relations franco-chinoises. L'éclaireur du Gâtinais et du centre 2009
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Un voyage en Chine "inoubliable" pour des lycéens
. "
La république du centre » Mardi16 novembre 2010
- Article de l'Eclaireur du Gâtinais du 12/01/2012 . Nouvel an chinois à Montargis ( pdf de 3,3 Mo)
Week-end "chinois" à Montargis
LE MONDE | 26.05.05 | 17h28 • Mis à jour le 07.06.05 | 21h37
u début du XX
e
siècle séjournèrent à Montargis, dans le Loiret, de jeunes intellectuels chinois venus « étudier et travailler ». Ils avaient pour nom Zhou Enlai, Li Fuchun, Li Weihan, ou encore Chen Yi. Une fois rentrés dans leur pays, ils allaient lancer la révolution.
C'est à Montargis que ces jeunes gens découvrirent, au contact des syndicats ouvriers, les idées marxistes, comme d'autres futurs leaders de la révolution communiste, Ho Chi Minh ou Pol Pot, qui étudièrent aussi, un peu plus tard, dans la patrie des droits de l'homme.
L'importance de ce séjour dans la formation de ces jeunes révolutionnaires est telle que, dans la mémoire officielle et les livres d'histoire du pays, Montargis apparaît comme un des berceaux de la Chine nouvelle.
A partir de 1912 - le mouvement fut initié par Li Shizeng, un scientifique attiré par l'Occident, ami de Sun Yatsen, président de la jeune République chinoise, qui vint le visiter à Montargis - près de deux mille étudiants, issus des classes moyennes, y compris des jeunes femmes, résidèrent en France, jusqu'en 1927, dont quelque quatre cents à Montargis. Ils furent ensuite les cadres de la révolution chinoise, mais certains devinrent également de grands ingénieurs ou des artistes de renom, comme l'écrivain Ba Jin, qui fut un des derniers à faire le voyage français.
Près de Montargis, à l'usine de Langlée d'Hutchinson, dans l'atelier de fabrication des galoches, un jeune homme, âgé de 16 ans, nommé Teng Hihien - il deviendra fameux sous le nom de Deng Xiaoping - s'attira les foudres patronales.
« Refuse de travailler, ne pas reprendre »
, peut-on lire sur la fiche le concernant, datée de 1923, qui a été retrouvée dans les archives de l'usine et communiquée aux historiens chinois. Le futur premier Chinois résida en France de 1920 à 1926.
Un parcours touristique, grâce à une série de panneaux installés à l'entrée des logements ou des collèges qu'ils fréquentèrent, permet aujourd'hui de relire ce passé insolite de Montargis.
Dans le parc Durzy, on peut encore voir le bassin romantique, flanqué d'un cyprès nain, auprès duquel se réunissaient ces jeunes idéalistes, autour de leur leader charismatique, Cai Hesen, et de sa compagne, Xiang Jinyu, dont le programme était de
« sauver la Chine et le monde ».
Le 13 août 1920, Cai Hesen posta de Montargis, dit-on, à son ami Mao Zedong - celui-ci ne vint jamais en France - une lettre proposant la création d'une formation politique qui pourrait s'appeler le Parti communiste chinois.
Celui-ci naquit à Shanghaï, le 1er juillet 1921. Cai Hesen, que Mao respectait, disparut dans la tourmente révolutionnaire en 1931. Xiang Jinyu, morte en 1928, fut la première femme à ouvrir une école en Chine. Le collège du Chinchon, où elle étudia à Montargis, était dirigé à l'époque par une institutrice qui fut la mère de l'agronome René Dumont. Ce dernier écrivit plus tard, après plusieurs voyages, des ouvrages sur l'agriculture chinoise. « Beaucoup de Chinois savent que la France, ses idées, notamment celles de la grande révolution française, ont exercé une influence non négligeable sur un nombre important de futurs dirigeants chinois », a déclaré le ministre Liu Zhiming, en inaugurant le 20 janvier ce parcours touristique.
L'objectif de l'association Amitié Chine-Montargis, qui a eu l'initiative du projet, et de l'agglomération de Montargis, qui l'a réalisé, est d'attirer en priorité des touristes chinois. De multiples personnalités de la Chine d'aujourd'hui ont déjà réalisé le « pèlerinage » de Montargis. Les responsables espèrent que les voyagistes programmeront ce « retour aux sources » dans leur itinéraire sur le sol français, entre une visite à Versailles et à Chambord. Deux cent mille touristes chinois ont visité la France en 2004. Un chiffre qui devrait exploser, selon les prévisions.
De notre correspondant régional Régis Guyotat
Article paru dans l'édition du 10.03.05.
Montargis berceau de
la Chine
nouvelle
LE MONDE
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09.09.06
| 13h44 • Mis à jour le 09.09.06 | 13h44
Régis Guyotat
Article paru dans l'édition du
10.09.06
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Sur un cliché de l'époque, les jeunes intellect
uels
chinois posent dans le jardin Durzy
de Montargis, en juillet 1920.
D.R.
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Il y a des souvenirs qui marquent. Dans la salle à manger de son pavillon, à Châlette-sur-Loing, l'ancien maire communiste de Montargis (Loiret), Max Nublat, 75 ans, raconte avec délectation sa rencontre avec Deng Xiaoping, le maître de
la Chine.
C'était à Pékin, en août 1982. A sa sortie de l'avion, le bouillant élu contemple une banderole déployée : "Bienvenue à M. le Maire de Montargis". Les six autres élus français qui l'accompagnent - maires de Lyon et de Lille notamment - n'en croient pas leurs yeux. Ce jour-là, tous les honneurs sont pour la modeste sous-préfecture du Loiret. Une limousine est venue quérir le maire. Max Nublat est introduit dans un salon de la place Tiananmen, où se déroule l'un des premiers congrès du PCC après la mort de Mao. Une porte s'ouvre sur un petit homme. Deng Xiaoping en personne.
A l'élu français médusé, le nouvel homme fort de
la Chine
raconte que, dans les années 1920, il a travaillé, tout jeune garçon, en France à l'usine Hutchinson, près de Montargis. Il se souvient d'une femme chef d'atelier, une nommée "
M
me
Rose"
, qui "n'avait pas les yeux de la même couleur". Il se rappelle "avoir appris la valse, dans un dancing,
La Gloire
"
, et surtout "
avoir été verbalisé une nuit, rue de
la Sirène
, parce que son vélo n'avait pas de feux rouges"
. Avec un tel luxe de détails, "il était impossible de penser qu'il ne soit pas allé à Montargis", confie Max Nublat. "
Le ton était amical, presque ému
", se souvient-il encore. Dix minutes plus tard, Deng avait regagné la tribune du congrès.
Ho Chi Minh, Pol Pot...
La France
a servi de terrain d'apprentissage à bien des révolutionnaires du XX
e
siècle. On sait moins que les acteurs du Grand Bond en avant chinois y ont fait leurs gammes, découvrant le marxisme pour les uns, fortifiant des convictions socialistes déjà bien ancrées pour les autres.
De 1902 à 1927, 4 000 jeunes intellectuels sont venus étudier et travailler en France, en particulier à Montargis. Beaucoup sont devenus les cadres de la révolution chinoise. Montargis l'avait presque oublié. Pourtant, en Chine, depuis de longues décennies, la petite ville du Loiret est célébrée dans l'histoire officielle comme le berceau de
la Chine
nouvelle.
"Sans
la France
, je ne sais dans quelle obscurité nous vivrions aujourd'hui"
, a écrit un des pères du communisme chinois, Chen Duxiu.
A l'usine Hutchinson, à Châlette-sur-Loing, on peut encore voir l'atelier, construit par Gustave Eiffel, où fut employé Deng. On y fabriquait alors des galoches. Il avait 16 ans. En compagnie de 80 autres étudiants-travailleurs, le jeune garçon s'était embarqué le 27 août 1920 à Shanghaï sur l'André-Lebon, muni d'une recommandation du consul de France, Albert Bodard (père de Lucien).
Le mouvement Travail-Etudes avait été créé dès 1912 par un philanthrope, Li Shizeng, qui admirait la culture française et avait étudié à l'école agricole du Chesnoy, à Montargis. Ami de Sun Yat- Sen, le président de la jeune République chinoise, il était convaincu que
la Chine
avait besoin de l'Occident pour se développer.
Après la première guerre mondiale, le mouvement patronne le séjour d'étudiants peu argentés. Parmi ces privilégiés se trouve un groupe de jeunes intellectuels, originaires du Hunan, déjà fascinés par le socialisme. Il y a là la plupart des amis de Mao : Cai Hesen, Li Fuchun, Chen Yi. Il y a aussi de très jeunes femmes, Xiang Jinyu, et la soeur de Cai Hesen, Chang. Le jeune Mao Zedong, lui, n'est pas du voyage. "Maigre, dans sa robe de coton délavé", il s'est contenté d'accompagner ses amis sur le quai. Pourquoi ? Les biographes en discutent encore. "J'avais encore beaucoup plus à apprendre sur mon propre pays", confiera-t-il plus tard. C'est la version officielle. Outre le manque d'argent, il semble que Mao avait peu d'oreille pour les langues. Le groupe du Hunan est arrivé en France dès 1919, un an avant Deng. Il s'est installé à Montargis. Les garçons, au collège, sont pris en charge par l'instituteur Chape au, les filles, à l'école du Chinchon, par M
me
Dumont (mère de l'agronome René Dumont).
Les joutes politiques se poursuivent entre ceux, qui autour de Cai Hesen, brillant théoricien, veulent suivre la voie de la révolution russe, et ceux qui prônent la réforme. Ils se réunissent au jardin Durzy. Venu de Paris, un certain Zhou Enlai se joint parfois au groupe, entre deux parties de tennis chez des amis français.
On peut encore s'asseoir aujourd'hui sur les bords du bassin romantique, orné d'un cyprès nain, où, du 6 au 10 juillet 1920, Cai et son amie Xiang Jingyu exposaient avec passion leur programme pour
"sauver
la Chine
et le monde"
. Le 13 août suivant - quatre mois avant le congrès de Tours qui divise la gauche française -, Cai écrit une lettre à son ami Mao. Il lui propose la création du Parti communiste chinois (PCC) qui constituera "l'avant-garde et le commandement de la révolution". Le 1
er
décembre, Mao lui envoie son accord. Le PCC est créé en juillet 1921 dans la concession française de Shanghaï.
Un cliché de l'époque montre le groupe dans le jardin Durzy. La mise est impeccable, les regards sont conquérants. On sent qu'une aventure intellectuelle se noue. Mais ces jeunes n'oublient pas de vivre. En flânant le long des canaux qui traversent la "Venise du Gâtinais", Cai Chang est tombée amoureuse de Li Fuchun, Xiang Jingyu de Cai Hesen. La légende locale veut que les deux couples se soient mariés dans une gargote nommée Le Radis rouge, et que parmi les témoins aient figuré Deng Xiaoping et... Ho Chi Minh.
Rentrés en Chine fin 1921, Xiang Jinyu et Cai Hesen se lancent dans la lutte. Livrés par l'occupant colonial aux nationalistes, ils périront, atrocement suppliciés, respectivement en 1928 et en 1931, et seront parmi les premiers à entrer dans le panthéon communiste. Li Fuchun (futur économiste du parti), Chen Yi (maréchal, puis chef de la diplomatie), et bien d'autres "anciens de Montargis" feront une carrière au plus haut sommet de l'Etat.
Quand à Deng Xiaoping, le plus jeune, il ne rejoint pas immédiatement Montargis. Deng, en 1920, est d'abord accueilli dans une école, à Bayeux, où son pécule fond. Puis il travaille dans la fournaise des laminoirs du Creusot, dans la banlieue parisienne. Il y découvre, écrira sa fille plus tard, "la misère du prolétariat". Il y rencontre surtout Zhou Enlai, son aîné de 6 ans.
en février 1922 qu'il se fait finalement embaucher par l'usine Hutchinson, à Châlette, sous le nom de "Teng Hi Hien". Le "charmant" garçon, comme on le décrit alors, a été recommandé par le consul de France. Il est bon vivant, peu politisé. Il devient bientôt militant communiste, prompt à dénoncer les "chacals du capitalisme". Il fait deux séjours à Hutchinson, du 14 février au 17 octobre 1922, et du 2 février au 7 mars 1923, logeant dans une grange près de l'usine. Sa fiche d'embauche porte ce commentaire : "A refusé de travailler, ne pas reprendre". C'est qu'il est devenu un révolutionnaire professionnel. Il travaillera ensuite chez Renault à Billancourt.
Montargis et les touristes chinois
le 2/10/2006 à 14h44 par AFP
Plus connue pour ses amandes caramélisées que pour le rôle longtemps oublié qu'elle joua dans la formation du parti communiste chinois, Montargis est pourtant devenue la destination privilégiée d'un flot de touristes venus de Chine.
A une centaine de km au sud de Paris, la sous-préfecture du Loiret misait jusqu'à présent sur sa réputation de berceau des pralines pour faire sa promotion, mais l'explosion récente du tourisme chinois en Europe a changé la donne.
C'est là, dans ce mélange improbable de rues médiévales, de jardins et de canaux, que nombre d'intellectuels chinois expatriés s'établirent à la fin des années 1910 et pendant les années 1920, constituant le terreau fertile qui devait déboucher sur la victoire communiste de 1949 en Chine. "Cela peut paraître bizarre, mais Montargis figure dans tous les livres d'histoire" chinois, assure Wang Peiwen, médecin et directeur d'Amitié Chine-Montargis. "Cet endroit a joué un rôle crucial dans le développement de la Chine nouvelle".
Longtemps méconnue, l'histoire démarre en 1902, quand Li Shizeng, fils d'un dignitaire impérial à Pékin, vient en France parfaire son éducation, choisissant un institut d'enseignement de l'agriculture situé à Montargis. Un réseau se crée dans la communauté locale. Puis vient l'époque où la Chine, lancée dans le projet éducatif des "étudiants-ouvriers", envoie jeunes gens et jeunes filles en Europe étudier la pensée moderne et les techniques scientifiques. Li Shizeng en parraine environ 300 à Montargis, la plupart engagés dans une usine de caoutchouc.
Parmi les premiers à arriver en 1919 figurent des étudiants de la province du Hunan, amis du jeune Mao Zedong et déjà acquis comme lui au communisme. La plupart d'entre eux sont ensuite entrés au Panthéon du PC chinois : Cai Hesen, Xiang Jinyu, Li Fuchun, Chen Yi ... A Montargis, ils se réunissaient dans un jardin public et y plaquaient des affiches de propagande. C'est de là, en juillet 1920, que le théoricien Cai Hesen expédia par courrier à Mao un programme de "sauvetage de la Chine". "C'est la lettre du 13 août, qui proposait la création d'un parti communiste chinois. Mao a donné son accord et le mois suivant, le parti était créé", raconte Wang.
Si Cai Hesen et sa femme Xiang Jinyu ont péri entre les mains des nationalistes chinois du Kouomintang, Chen Yi est devenu ministre des Affaires étrangères, Li Fuchun, théoricien économique du parti, tandis que Li Weihan prit part à la Longue marche avant de devenir vice-président du Sénat. Zhou Enlai, Premier ministre de 1949 à sa mort et deuxième personnage du régime chinois après Mao, est venu plusieurs fois à Montargis. Deng Xiaoping, successeur de Mao, s'y rendit lui aussi, en 1922.
Aujourd'hui, peu de traces subsistent du passé chinois de Montargis, mais les autorités ont fait de leur mieux pour les réunir dans un guide, intitulé "Circuit chinois". Y sont évoqués les dortoirs des étudiants d'Asie, les bains publics où ils se lavaient et autres jardins où ils conversaient. On y trouve aussi une photo d'époque montrant une vingtaine de jeunes Chinois aux visages graves et en beaux habits.
Aujourd'hui, des groupes de touristes chinois sillonnent les rues étroites de Montargis. Il s'agit souvent de délégations semi-officielles, mais la petite ville espère capter bientôt davantage de touristes, 50.000 Chinois débarquant chaque mois à Paris. "Le potentiel est énorme", assure Wang Peiwen. "En venant ici, les Chinois ne découvrent pas seulement un bout de culture française, ils apprennent sur leur propre histoire".
Montargis, l'un des berceaux de la "chine nouvelle"
LA CROIX
Paru le: mardi 13/05/2008
La sous-préfecture du Loiret a reçu dans les années 1920 de nombreux jeunes Chinois, parmi lesquels certains futurs hauts dignitaires du régime comme Deng Xiaoping. MONTARGIS ET CHAINGY, de notre envoyé spécial. Louis de COURCY
Mystère du destin ou simple hasard ? Le docteur Peiwen Wang, lorsqu'elle s'installa à Montargis en 1993, ne savait rien du passé chinois de cette tranquille
sous-préfecture du Loiret. Ce sont ses amis de l'ambassade de Chine, à Paris, qui lui en firent prendre conscience alors qu'elle allait suivre les traces du gotha de la «Chine nouvelle ».
Très vite, cette spécialiste de la médecine chinoise, qui aujourd'hui la pratique dans le cadre de son école « Santé longévité » et préside l'association «
Amitié Chine Montargis », se lance dans l'étude d'une étonnante page d'histoire de son pays d'origine. Que découvre-t-elle ? Rien moins, par exemple, que la présence, dans les années 1922 et 1923, d'un certain Deng Xiaoping, le futur artisan du réveil économique de la Chine. Celui-ci fut en effet salarié de l'usine Utchinson, à Montargis, où il contribuait à la fabrication de chaussures et de pneus. Un jour de 1923, déjà très impliqué politiquement, le voilà exclu de l'usine « pour refus de travailler ». C'est que ce jeune et brillant intellectuel est un peu trop occupé avec ses amis chinois de Paris. Son employeur ne l'entend pas de cette oreille : pour lui, c'est ou le travail, ou la porte...
Peiwen Wang, elle, ira de surprises en découvertes. Et le fil qu'elle déroule s'avère si prometteur qu'elle propose à la mairie de Montargis de tirer un peu mieux parti du passé auquel ont pris part de nombreux Chinois, dont les premiers étaient issus de familles riches, parmi lesquels Deng Xiaoping. Il s'agit de faire connaître à un plus large public la grande aventure du Mouvement « Travail-Études » inventé par Li Yuying (devenu ensuite Li Shizeng), premier Chinois arrivé à Montargis, en 1902 :
débarqué à Paris dans les bagages de l'ambassadeur de Chine en France, il a envie de vivre à la campagne et il a entendu parler d'une école d'agriculture appliquée à Amilly, juste à côté de Montargis, où il aimerait bien s'inscrire. Ce qu'il fait. Puis,d'élève, il y devient professeur, lance en même temps une usine de produits à base de soja, à Paris. En réalité, Li est un idéaliste hyper-actif. Il veut, par l'expérience qu'il acquiert en France, former de jeunes Chinois dans le but d'en faire les élites d'une Chine nouvelle.
Les relations de Li sont telles en Chine qu'il parvient à faire venir en visite à Montargis le premier président de la République chinoise, Sun Yatsen, avec son
ministre de l'éducation, Cai Yuanpei. L'idée d'envoyer ici des étudiants de leur pays vient de naître. Li croise un autre personnage, Cai Hesen, fondateur du mouvement « Nouveau peuple », issu de la province très pauvre du Hunan. De ces rencontres, émane la volonté de permettre aussi à de jeunes Chinois issus de milieux populaires de se former en France. Filles et garçons arrivent à Montargis. On improvise le dortoir des garçons au collège Gambetta, devenu de nos jours la salle de réception de l'hôtel de ville. Les filles, elles, sont logées au collège Chinchon, qui existe toujours, et dont la directrice d'alors était la mère du célèbre écologiste René Dumont. Le premier « mariage libre » entre Chinois, qui réunit Xiang Jingyu et Cai Hesen, est immortalisé par un cliché pris dans le jardin public Durzy de Montargis.
Une légende prétend que Zhou Enlai fut le témoin. Une certitude, pourtant : le futur premier ministre chinois a rendu plusieurs fois visite à ses amis dans la
sous-préfecture du Loiret. C'est aussi dans ce jardin que Cai Hesen décide de proposer la création du Parti communiste chinois. Une lettre en ce sens parviendra de Montargis à l'adresse de Mao Zedong... À partir de cet épisode, Peiwen Wang a imaginé un circuit dans la ville, avec, à chaque endroit emblématique, une plaque explicative et une photo montrant ces jeunes Chinois, sérieux comme des gens investis d'une tâche immense, à la mesure de leur idéal révolutionnaire.
Catholique et fier de l'être, en aucun cas héritier de l'idéologie révolutionnaire qui a mûri à Montargis, Claude Yang, 79 ans (demeurant à Chaingy, non loin d'Orléans), est adhérent de l'association « Amitié Chine Montargis ». Mais il est surtout le fils de Tche Tchen, décédé en 1967, qui compta parmi les membres du mouvement «Travail-Études » fondé par Li Yuying et fut ami de Deng Xiaoping : « Mon père voulait participer à l'émancipation de son pays. Mais lui, contrairement à ses camarades, n'est pas retourné au pays, car il a préféré rester auprès de ma mère, une Française. »
Stéphane Yang, 40 ans, le fils de Claude, s'est pris de passion pour l'histoire de son grand-père. « Je suis surtout fasciné par le voyage qu'il a entrepris à l'époque. » Une aventure de six mois à travers les déserts de Chine, puis la traversée depuis Shanghaï jusqu'à Marseille, sur un bateau dont il fallait alimenter en combustible les machines : c'est ainsi que Tche Tchen et ses camarades, parmi lesquels le futur maréchal Chen Yi, qui fut ministre sous le régime de Mao Zedong et rencontra le général de Gaulle au moment de la reconnaissance officielle de la Chine par la France en 1964, partaient chercher du bois aux escales. Tche Tchen quittait son pays pour la première fois. Et, sans le savoir, pour ne plus jamais y revenir.
Bienvenue à l'année du bœuf !
« L’éclaireur du Gâtinais et du centre » jeudi 5 février 2009.
www.eclaireurdugatinais.fr
Aux antipodes de Montargis, un milliard trois cent millions de Chinois viennent de fêter le passage de l’année du rat à celle du bœuf !
Fidèle défenseur de la culture de l'Empire du milieu, l'association Amitié Chine-Montargis a fait écho à cet événement pour la 8eme fois déjà.
En centre-ville samedi, les badauds n`ont donc tous été surpris par le cortège coloré qui a sillonné les rues au rythme des percussions asiatiques. Dragons, lions, pétards (place de la République), tous les ingrédients étaient réunis avec des animateurs français et chinois... En effet scolarisés au lycée en Forêt, les élèves du Dr Peiwen Wang présidente d'Amitié Chine-Montargis étaient épaulés par une délégation de jeunes Chinois. Une quinzaine de lycéens et leurs professeurs de Shangaï étaient de la fête, certains effectuant d'ailleurs leur premier séjour en Europe.
Au terme de ce défilé sous un ciel radieux le dragon a conduit les sympathisants de l'association et tous les amateurs d’exotisme asiatique au spectacle bilingue préparé à la salle des fêtes. Les lycéens gâtinais ont présenté du théâtre tandis que des numéros de danse et d'arts martiaux ont jalonné le programme, ainsi que des chants. Juste après, ainsi que la journée de dimanche, des stands de livres, spécialités chinoises, atelier de calligraphie et animations (documentaires et films chinois, exposition photos) étaient présentés dans cette même salle.
Comme à l’accoutumée, cette fête- symbole du renouveau- a été un grand moment de convivialité et de partage, même si elle se déroule, cette année, dans un climat particulier. En effet les relations sino-françaises sont loin d’être au beau fixe depuis quelque temps.
Montargis à la pointe des relations Franco-Chinoises
« L’éclaireur du Gâtinais et du centre » 16/04/2009.
www.eclaireurdugatinais.fr
Ah! Si les relations franco-chinoises étaient à l'image de celles de Montargis avec le Chine... Elles seraient au beau fixe ! Oubliés, les sujets qui fachent.. Car Montargis est connue de par la chine et que ceux qui n'y croient pas s'en persuadent: ce n'est pas pour rien que la Venise du Gâtinais était la toute première ville de France a dévoiler l'exposition montée à l'occasion du 45eme anniversaire des relations diplomatiques sino-françaises. Et a l'inaugaurer avec l'ambassadeur de Chine en France soi-même ! Mais pourquoi donc ? Parceque Montargis est marquée du sceau de l'Histoire , comme le rappelait l'ambassadeur Kong Quan, qui connait Montargis pour y être déjà venu voici 11 ans, lorsqu'il était le "numéro 2" de l'ambassade. Cela ne l'empêichait pas d'être tout aussi curieux et ému: "Lorsque j'ai vu les noms de Deng Xiaoping et de Zhou Enlai, précurseurs de la révolution chinoise qui ont laissé leur trace à Montargis, vous imaginez quelle grande émotion surgit dans notre coeur !" Et de s'attarder au jardin Durzy, près des fameuses pierres sur lesquelles ont posé ceux qui, à tout juste 20 ans allaient devenir des mythes révolutionnaires; de s'imaginer dans l'une des ses assemblées où, à l'ombre des arbres encores jeunes, ces étudiants exposaient à leurs compatriotes leurs thèses pour "sauver la Chine et le monde"; et de poser ( en un français irréprochable) mille questions sur les photos ; tout au long du parcours jalonné de panneaux posés en 2005 par la ,municipalité dans diverses rues. Présidente et vice-président de l'association Amitié Chine-Montargis étaient évidemment aux anges. Peiwen Wang et son compagnon, le Dr Olivier Duhamel, servaient de guides attentifs à l'ambassadeur invité par leurs soins. Le député-maire Jean -Pierre Door aussi, qui livrait moult anecdotes à un visiteur déjà bien informé et fort d'un joli sens de l'humour. Bien qu'il la connaisse déjà, Kong Quan ne s'est pas géné de rire à gorge déployée devant la fameuse note d'Hutchinson sur la fiche d'embauche de Deng Xioping ( en 1923) "refuse de travailler; ne pas reprendre"
Du 27janvier 1964...
Le 27 janvier 1964, le président Mao Zedong et le général de Gaulle ont pris la décision d'établir des relations diplomatiques entre la Chine et la France. Cet événement, qui a marqué le paysage international, a fait de la France le premier grand pays occidental à avoir noué des relations diplomatiques avec " la Chine nouvelle". "Cela a ouvert une nouvelle page dans les annales des relations entre nos deux grandes civilisations", a appuyé M. Kong Quan, qui balayait les tensions nées de la rencontre du président français et du dalaï lama, en décembre : «Lors du G20, nos deux chefs d'État ont réaffirmé l'importance primordiale des relations sino-françaises et leur volonté de saisir l'occasion de ce 45e anniversaire. J'aimerai féliciter en particulier M. le Député-Maire pour la coopération décentralisée que vous menez activement aussi bien au niveau de lAssemblée nationale, à Paris, qu'au niveau local, ici à Montargis. J'insiste : la coopération décentralisée constitue une partie de plus en plus importante dans la coopération de nos deux pays».
Un voyage en Chine "inoubliable" pour des lycéens
.
« La république du centre » Mardi16 novembre 2010,
http://www.larep.com
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Vingt-six élèves du lycée en Forêt viennent de rentrer d’un séjour de 17 jours qui les a conduits à Shanghai, Hanghzou, Changsha et Pékin. La découverte de la culture chinoise les a particulièrement touchés.
Ils sont revenus de leur séjour en Chine avec un mot à la bouche : « inoubliable ». Les 26 élèves du lycée en Forêt et leurs quatre accompagnateurs ( Patricia Condracq, proviseur du lycée, Peiwen Wang, professeur de chinois, M. et Mme Rizzo, professeurs d’histoire-géographie et d’espagnol) qui ont effectué un périple de 17 jours en Chine populaire, du 21 octobre au 6 novembre, ne l’oublieront pas de sitôt.
Les élèves des classes de chinois de première et de terminale ont débuté leur voyage par Shanghai, ont gagné l’ancienne capitale impériale de Hanghzou avant de s’enfoncer à l’intérieur du pays vers Changsha, la métropole importante de la province du Hunan qui a signé un accord de coopération avec la région Centre. L’expédition s’est achevée à Pékin.
Immersion
Certes, les élèves ont été émerveillés par les incontournables sites touristiques comme le boulevard du Bund à Shanghai, le lac de l’Ouest à Hangshou, la cité interdite à Pékin et l’inévitable Grande muraille au nord de la capitale. Mais l’objectif du voyage allait au-delà : il s’agissait de faire travailler les élèves sur des thèmes choisis préalablement et de favoriser leur immersion dans la culture chinoise.
Les élèves ont traité trois sujets. La ville chinoise a été étudiée aussi bien à Shanghai avec la visite durant deux jours de l’Exposition universelle dont le thème était « Meilleure ville, meilleure vie », qu’à Pékin avec la visite du musée de l’Urbanisme qui retrace le passé de la cité, mais aussi les projections pour 2020. Le deuxième axe de la réflexion concernait le contraste ville-campagne. Enfin, le voyage invitait les élèves à réfléchir sur l’héritage de Mao. Ils ont découvert un culte encore important de l’ancien dirigeant, à Pékin bien sûr où son corps repose dans le mausolée construit sur la plane Tiananmen, mais aussi et surtout dans sa province natale du Hunan avec le flot de touristes qui visitent sa maison natale à Shaoshan.
Mais le plus enrichissant reste les échanges directs que les Montargois ont eu avec les jeunes Chinois et leurs familles. Ils ont passé plus de la moitié de leur séjour chez leurs correspondants lycéens.
Déjà, les Montargois se préparent à recevoir comme il se doit leurs homologues chinois à l’occasion du Nouvel an chinois les 29 et 30 janvier 2011
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